Financement

7.3 milliards d’euros

Le budget de l’enseignement s’élève à 7, 33 milliards d’euros. L’enseignement obligatoire représente 78% de ce budget et l’enseignement supérieur 18%. Les 4% restant sont répartis équitablement entre la recherche scientifique et les bâtiments scolaires.

16.5%

Entre 2004 et 2013, le coût annuel moyen par élève/étudiant à charge de la Fédération Wallonie-Bruxelles a augmenté de 7,3% pour l’enseignement secondaire et a diminué de 16,5% pour les universités. Quant au reste de l’enseignement supérieur, ce coût a diminué de 4,9%!

On le constate avec ces chiffres, notre enseignement supérieur est sous-financé. Pour être de qualité, l’enseignement a pourtant besoin de fonds.

Mais attention, refinancement ne rime pas automatiquement avec qualité ! Ainsi le classement PISA, qui analyse l’enseignement secondaire et mesure les performances des systèmes éducatifs, révèle que les pays en tête de ce classement ne sont ni les pays les plus riches, ni ceux qui consacrent un budget plus important à l’enseignement. La richesse n’est donc absolument pas la garantie d’un système éducatif performant. Lorsqu’il s’agit de financement de l’enseignement, la question à se poser n’est pas « combien investir ? » mais « comment investir ? ». Il est donc important que ce point soit abordé clairement et fasse l’objet de propositions concrètes de la part du Ministre Marcourt.
Nous estimons qu’il faut réfléchir à l’enseignement dans son ensemble. Si l’enseignement obligatoire est subventionné convenablement, force est de constater que sa gestion reste approximative. L’enseignement supérieur souffre lui, d’un véritable sous-financement.
Le combat reste néanmoins le même, une meilleure formation. Il importe de considérer la jeunesse dans son ensemble. Quelle que soit la filière choisie, les jeunes ont droit à une formation de qualité qui leur permettra de poser leurs choix de vie, qu’ils soient professionnels ou étudiants. Ne dévalorisons pas les jeunes désireux d’intégrer rapidement le monde du travail mais donnons-leur les outils pour réaliser leurs ambitions et évoluer au sein d’un secteur professionnel tout en leur laissant la possibilité de se former par la suite.
Malgré tout, rappelons que l’enseignement supérieur n’est pas obligatoire. Dès lors, il nous apparaît normal que l’étudiant contribue financièrement à une formation qu’il a lui-même décidé de suivre.
Refinancer l’enseignement oui mais le refinancer avec pragmatisme.

Ouvrons enfin l’enveloppe fermée !

Mise en place en 1996 pour les universités et en 1998 pour les hautes écoles, l’enveloppe fermée prend en compte l’inflation et non le nombre global d’étudiants. Actuellement, le financement d’un établissement se fait donc au détriment d’un autre établissement suivant le principe des vases communicants. Les établissements sont obligés d’augmenter leur quota et ce, dans les filières les plus subsidiées, nous forçant ainsi à assister à une concurrence stérile.
Bien évidemment, en tant que libéraux, nous estimons qu’une certaine concurrence est propice à l’amélioration de la qualité d’enseignement mais cette concurrence ne peut en aucun cas être une course aux étudiants !
Afin d’éviter les excès malsains, nous pensons qu’il est essentiel d’ouvrir l’enveloppe fermée et de supprimer son caractère figé.
Nous voulons que les établissements soient financés à hauteur de leur nombre réel d’étudiants.

En ce qui concerne le gel du minerval, nous nous félicitons de sa prolongation d’un an. Mais qu’en sera-t-il l’année prochaine ? Une réponse doit être apportée à cette question par le cabinet ministériel.

Les partenariats public-privé comme solution

La Belgique consacre 1,3% de son PIB à l’enseignement supérieur se plaçant ainsi dans la moyenne européenne mais bien loin des états-Unis (3,1%) ou du Canada (2,6%). Ce qui fait la différence ? La contribution du secteur privé !
Dans notre pays, la contribution du privé est de 0,1% du PIB soit une des plus faibles des pays de l’OCDE. Sans tomber dans un système « à l’américaine » et tout en continuant à privilégier le financement public, on ne peut s’opposer par dogmatisme à un mode de financement alternatif.
Ces partenariats entre le public et le privé (PPP) existent d’ailleurs déjà dans la construction de logements étudiants  et d’auditoires. Ainsi, la Résidence Mandela créée en 1967 à l’ULB a été rénovée conjointement par l’ULB et Cofinimmo (société immobilière) permettant ainsi à 240 étudiants de bénéficier d’un kot neuf  lors de la rentrée 2013.  On retrouve également une chaire FGTB à l’ULB, un auditoire Arcelor-Mittal à HEC-ULg ou encore le bâtiment Solvay financé en partenariat avec Belgacom.
Ces partenariats ont porté leurs fruits alors pourquoi ne pas envisager de les étendre à d’autres activités ?
Selon nous, les sociétés privées pourraient tout à fait subventionner le matériel nécessaire aux cursus des étudiants. Pourquoi une société évoluant dans le domaine médical ne financerait-elle pas le matériel nécessaire aux étudiants en médecine ?
On pourrait également envisager de créer des bourses pour les étudiants dont les débouchés correspondent à leur secteur. L’étudiant boursier se verrait offrir la possibilité d’effectuer un stage dans l’entreprise qui le finance ainsi que d’obtenir un poste à l’issue de son parcours académique. Cela serait également une réponse au problème de l’emploi des jeunes.
On retrouve déjà un système similaire au sein de l’école Royale Militaire (ERM). Bien que cet établissement finance lui-même la formation de ses étudiants et que ceux-ci soient soumis à un concours d’entrée, les étudiants sont rémunérés. En cas d’abandon avant la fin du cursus, une partie du financement doit être remboursé à l’ERM.
Bien évidemment, les entreprises privées et les mécènes doivent trouver un avantage à investir dans  l’enseignement supérieur. Leur rôle doit être mis en exergue tout en préservant l’autonomie pédagogique des établissements et des pouvoirs publics.
Nous pensons qu’en ces temps où le financement fait clairement défaut, développer une relation win-win entre le secteur privé et les établissements académiques est une alternative concrète et efficace pour l’amélioration de la qualité de notre enseignement supérieur.

Exonérer les établissements de certains surcoûts liés aux nouvelles technologies

C’est un fait incontestable, les nouvelles technologies ont pris une place prépondérante dans la société actuelle. A l’heure où l’offre d’e-learning et de Moocs va croissante et où l’accès aux plateformes de documentation est indispensable aux étudiants, il est important de permettre aux établissements académiques de développer ces nouvelles ressources.
Miser sur une utilisation concrète des nouvelles technologies au service de l’enseignement doit faire partie des objectifs des différents établissements académiques en encourageant par exemple, la mise en place de plateformes ou d’applications utiles à la vie de l’étudiant.
Les étudiants Libéraux plaident donc pour qu’à l’instar des supports papiers, les supports électroniques et numériques  bénéficient d’une TVA réduite.

 

Le taux de la TVA est réglementé par l’Union européenne. Celle-ci ne reconnait pas l’équivalence entre les livres papiers et les livres électroniques. La France et le Luxembourg ont d’ailleurs été rapelés à l’ordre pour avoir fait l’amalgame et réduit la TVA de certains supports électroniques.